Inde mystérieuse et fascinante

Gaëlle, notre responsable littérature, vous propose une sélection de livres (littérature, essais...) autour de l'Inde

  • Alcutta, années 1920 : jeune diplômé sans le sou, Satyacharan est contraint d'accepter le poste d'administrateur d'un vaste domaine forestier aux confins du Bihar - au nord-est de l'Inde. D'abord dérouté par l'extrême pauvreté de l'endroit, ce Bengali raffiné et mondain est bientôt fasciné par la diversité des modes de vie, l'exubérance de la faune et de la flore - tout un peuple, dans la forêt. Son rapport au monde en est bouleversé.

    Qui est-il face à Dobru Panna, l'illustre roi des Santals dont le règne consiste à garder ses vaches à l'ombre d'un banyan sacré ? Peut-il en vouloir à Yugal Prasad, horticulteur autoproclamé qui embellit la jungle en y plantant de nouvelles espèces ? Faut-il blâmer Dhaturiya, lui qui préfère danser sans manger plutôt que travailler aux champs le ventre plein ?

    Satyacharan comprend qu'il est le dernier témoin d'un monde dont il doit mettre en oeuvre la disparition : son rôle n'est-il pas de gérer la déforestation pour la mise en culture des terres ? Qu'adviendra-t-il de ce formidable écosystème, sacrifié sur l'autel du « développement » ?

    De la forêt est un récit visionnaire, d'une bouleversante actualité : à la manière d'un Henry David Thoreau, Banerji nous offre le premier grand roman de l'écologie contemporaine.

  • "Ret samadhi" est l'histoire d'Amma, mère, grand-mère et veuve de 80 ans, qui sans un mot abandonne un beau jour la maisonnée de son fils aîné, où elle habitait selon la tradition. Hébergée par sa fille, une écrivaine très indépendante, elle découvre une nouvelle forme de liberté et d'amour.
    Amma s'ouvre alors au monde et à elle-même, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, une transgenre qu'elle semble connaître depuis toujours. Lorsque cette profonde amitié est brutalement interrompue, l'octogénaire aussi fantasque qu'attachante part pour le Pakistan sur les traces d'un mystérieux passé, entraînant sa fille dans cette folle aventure.
    Ce roman hors du commun, qui offre un portrait foisonnant de la culture indienne et s'inscrit dans la grande histoire de la Partition, fait vaciller les frontières : celles entre normalité et étrangeté, rêve et réalité, passé et présent, corps et esprit, et bien d'autres encore.
    Dans l'écriture de Geetanjali Shree, monologue intérieur, dialogue et narration polyphonique s'entremêlent sans couture apparente. Humour, tragique et poésie se superposent, jouant sur les sonorités et les rythmes d'une façon parfois vertigineuse, que la remarquable traduction d'Annie Montaut a su restituer. Un très grand livre.
    "Ret Samadhi" est un roman qui fait vaciller les frontières : celle du familier et de l'étrange dans une temporalité où l'instant ramasse tout le passé et la mémoire des siècles, les frontières de genre, celles de l'âge aussi, du corps et de l'esprit, de l'amour et de la haine, des modèles de famille, de la dépendance et de la liberté, des nations « ennemies », de l'humain et du non-humain. L'écriture de Geetanjali Shree traduit puissamment ce thème de la perception par un style où monologue intérieur, dialogue, bribes de conversation et narration s'entremêlent sans couture apparente, et où familiarité et poésie se superposent, jouant sur les sonorités et les rythmes d'une façon parfois vertigineuse que la remarquable traduction d'Annie Montaut a su restituer. Un très grand livre.

    « Une histoire va se raconter. Ce sera une histoire en même temps complète et incomplète, comme il en va des histoires. C'est une histoire intéressante. Il y a une frontière, et des femmes, qui viennent, s'en vont, traversent, tout du long. Une frontière et des femmes, et l'histoire se fabrique toute seule. Même, il suffit de la femme. C'est une histoire. Un déclic. Après, l'histoire s'envole au vent qui souffle. À l'herbe qui pousse, poussant le corps à prendre le vent, et le soleil aussi quand il se couche, il allume les myriades de bougies de l'histoire, à foison, pour les piquer contre les nuages, et tous ils se joignent à la balade. » G.S.

  • « En des temps meilleurs, on parlait de perspective critique ou de vision du monde alternative. Aujourd'hui, en Inde, on dit sédition. » Mon coeur séditieux réunit le travail de vingt ans de réflexion et d'engagement. En 1998, après le magistral Dieu des Petits Riens, Arundhati Roy prend la plume pour s'élever contre le programme nucléaire indien dans plusieurs essais qui signeront le début de son combat politique. Au travers d'une quarantaine de textes, dont plus de la moitié sont inédits en France, elle s'intéresse aux dynamiques de pouvoir en jeu au sein des gouvernements des puissances mondiales. Que ce soit dans le passionnant et engagé En marche avec les camarades ou dans l'éloquent Le docteur et le saint, Arundhati Roy ne se lasse pas de défendre ses convictions au travers d'essais qui questionnent notre monde et ses inégalités. Les grands barrages, la politique américaine, la guerre en Irak, rien n'échappe à son regard aiguisé. Dans un environnement de plus en plus hostile, elle décrit avec toujours autant de férocité et de clairvoyance le combat des opprimés, les injustices de castes ou les tragédies écologiques.Elle observe, comme écrivaine et comme citoyenne du monde, l'évolution de la société des années quatre-vingt-dix à nos jours. Son écriture radicale met à la portée de tous une réflexion passionnante d'une extrême actualité.

  • Amrita Sher-Gil est à l'Inde ce que Frida Kahlo est au Mexique. Artiste de génie, femme libre à la vie fabuleuse et tourmentée, elle a marqué l'histoire de la peinture indienne avant de disparaître brutalement à l'âge de vingt-huit ans.
    Lorsque Iris achète un de ses tableaux, elle se lance, fascinée par son destin, sur les traces de cette artiste audacieuse, mi-hongroise, mi-indienne, espérant retrouver dans cette quête le goût de peindre qui l'a quittée depuis des années. De subtils échos se répondent entre les deux femmes dont l'existence est étroitement liée à la création, à l'amour de la peinture et à ses ressorts secrets.
    Patricia Reznikov nous entraîne dans un roman où les couleurs de l'Inde coloniale, de Lahore à Simla, se mêlent à celles du Budapest d'avant la Première Guerre, du Paris des avant-gardes et de Florence. Elle redonne vie à une figure féminine bouleversante et hors norme, méconnue du grand public.

  • Tania est une jeune Bengalie qui vit à Calcutta, dans les années 1980. Ayant découvert chez un libraire un livre russe paru en URSS dans les années 1920, aux éditions Raduga, elle se prend de passion pour le destin tumultueux du fondateur de cette maison, un journaliste juif nommé Lev Moisevitch Kliatchko, mort en 1933 de tuberculose, peu avant les procès de Moscou. La maison Raduga, spécialisée dans la littérature enfantine, eut à son catalogue des oeuvres d'auteurs prestigieux, mais Lénine, sur conseil de sa rigoriste épouse qui jugeait ces livres trop influencés par la culture bourgeoise et le goût anglais du nonsense, ordonna leur fermeture en 1930. Kliatchko faillit être exécuté par le pouvoir stalinien, et ne dut son salut qu'à l'intervention de Maxime Gorki. Le récit fait alterner l'évocation de la jeunesse de Tania au Bengale occidental et la destinée de Raduga en URSS. A Calcutta, Tania est détestée par sa mère et est mise à l'écart par les adolescents de son âge. Elle ne trouve son salut que dans les livres et l'exaltation de la foi communiste. Elle rencontre ce mouvement d'abord à travers les livres russes et soviétiques que vendait son père, bouquiniste, et par la suite en compagnie des camarades étudiants auprès desquels elle milite. Tania retrouve le chemin de Kliatchko grâce à sa fille octogénaire, qui vit dans une maison de retraite à Saint-Pétersbourg. Les destins des deux femmes se rejoignent, chacune ayant dû lutter contre une forme d'oppression : celle d'une dictature sans pitié dans une Russie qui bannissait les livres et s'acharnait contre les poètes ; celle de la famille et de la tradition étouffante en Inde. Avec beaucoup de sensibilité, dans une langue poétique très évocatrice, Le Testament russe propose une traversée du 20ème siècle en suivant ces deux femmes passionnées : la vieille Adel, fille d'un éditeur juif soviétique (qui a réellement existé), et une Bengalie imprégnée de culture russe. La fascination de Shumona Sinha pour cette littérature trouve à s'incarner dans la figure de Lev Kliatchko, qui lui fournit l'occasion de décrire les milieux littéraires des années 1920 et 1930, de rappeler les liens culturels et politiques entre le Bengale occidental (où le Parti Communiste fut au pouvoir durant trente-quatre ans) et l'Union soviétique, mais aussi de s'interroger sur la puissance de la langue maternelle et le désir pour une langue étrangère.

  • Satyacharan, un jeune homme de Calcutta, est embauché comme gestionnaire par un riche propriétaire terrien d'une région reculée du Bihar voisin. Alors qu'il tombe amoureux de la forêt sur lesquelles s'étendent les terres, il comprend que son travail doit progressivement l'amener à détruire cet environnement magique et imprévisible, et à en chasser ses habitants, personnages haut en couleurs et profondément attachants qui s'étaient installés là en quête d'un nouveau mode d'existence.
    Le combat de Satyacharan commence... Célèbre pour son roman Le monde d'Apu, adapté au cinéma par Satyajit Ray, lauréat de nombreux prix nationaux et internationaux, Bibhuti Bushan Bandyapadhyay est l'un des plus éminents représentants de la littérature indienne moderne. Son inimitable prose n'a eu de cesse de décrire le Bengale rural dans toute sa beauté, mais aussi dans sa dureté, sa pauvreté, ses rêves et ses espoirs : une oeuvre dont Aranyak constitue sans conteste l'apothéose.

  • En 2050, il est fort probable que l'Inde aura pris la première place économique mondiale, devant la Chine et les États-Unis. Pourtant, nous comprenons mal cet ­immense pays. Aussi le projet de ce livre nourri de ­travail de ­terrain est-il de nous y initier. L'auteure saisit cette société vivante, diversifiée, tolérante et violente. Elle évoque les croyances, la morale, les habitudes, les normes, mais aussi ce qui est caché.
    Une lecture aussi instructive que passionnante.

  • Avec une décennie d'avance, l'Inde a fait une entrée remarquée dans le xxie siècle. Elle a amorcé de grandes réformes structurelles (politiques, économiques et sociales). Dans les années 1990-2000, le renforcement du fédéralisme, le rapprochement avec les États- Unis, la libéralisation économique et la politique de discrimination positive en faveur des basses castes ont changé le visage du pays. À ces phénomènes s'en ajoutent d'autres, à la temporalité plus lente mais dont l'impact est majeur : transition démographique, urbanisation rapide et effort de défense nationale.
    L'Inde est aujourd'hui confrontée à la montée en puissance des nationalistes hindous, au pouvoir depuis 2014, à une marginalisation de ses minorités religieuses et à une concentration du pouvoir liée à la centralisation administrative. À plus long terme, la crise agricole et les risques environnementaux hypothèquent son développement.
    Cet ouvrage est une synthèse indispensable à qui veut comprendre l'histoire contemporaine d'une grande puissance émergente avec laquelle il faut désormais compter.
    Christophe Jaffrelot, grand spécialiste de l'Inde, est directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS.

  • Perveen Mistry vient de rejoindre le cabinet d'avocats de son père, devenant la toute première femme avocate en Inde, un statut qui ne manque pas de faire débat. Mais quand un meurtre est commis dans une riche maison musulmane pratiquant la purdah (séparation stricte des femmes et des hommes) elle est la seule à pouvoir mener l'enquête. En effet, les seules survivantes - et potentielles témoins du crime - sont les trois veuves du riche marchand, vivant recluses dans une partie de la maison interdite aux hommes. Seule Perveen peut comprendre ce qui s'est réellement passé à Malabar Hill...

  • Magistral premier roman indien où le paysage, la terre, la mer, les montagnes et les personnages principaux (deux jeunes mariés, un yéti mélancolique, un géologue, une tortue...) semblent inventer un genre en soi : la fiction de la nature.

    Un roman tellurique, où les histoires semblent surgir organiquement le long d'une ligne de faille qui fait trembler la terre et tout ce qu'elle contient de l'océan Indien à l'Himalaya. Peut-être le premier roman où la nature s'exprime directement.

    Deux jeunes mariés s'installent dans une ancienne demeure coloniale, sur les îles Andaman, et tentent de s'apprivoiser. Ils savent qu'ils se sont déjà aimés dans d'autres vies. Girija Prasad est un scientifique fasciné par les volcans lilliputiens et les phénomènes naturels de l'archipel. Chanda Devi est un peu sorcière ; elle sait amadouer les éléphants en colère, prévoir les tremblements de terre et parler aux fantômes qui peuplent les îles (soldats japonais, lord anglais, mangeurs d'escargots, une chèvre bêlante).

    Plusieurs personnages plus loin (un jeune révolutionnaire, un trafiquant désabusé, un yéti mélancolique, une tortue, une strip-teaseuse...), on retrouve leur descendant le long de la ligne de faille sismique : un géologue chargé de s'assurer que le prochain sommet himalayen, prévu pour être plus haut que l'Everest, surgira bien dans le cadre des frontières de l'Inde, pour encourager le tourisme.

    Premier roman au souffle incroyable, Dérive des âmes et des continents surprend par sa puissance narrative, à la hauteur des tsunamis qu'il contient.

  • Le bûcher

    Perumal Murugan

    Kumaresan n'est encore qu'un enfant lorsque son père trouve la mort dans un accident. Fils unique, c'est à lui qu'il revient de prendre soin de sa mère et d'assurer sa subsistance dans le village isolé du sud de l'Inde où il a vu le jour. Alors il va travailler à l'usine, met le soda en bouteille, et va le livrer à bicyclette dans les échoppes le long de la route. C'est là que, des années plus tard, il fait la rencontre de Saroja. Tout à coup, c'est l'amour fou. Mais c'est aussi un amour interdit, car Saroja n'est pas de la même caste que lui. Avec la fougue de la jeunesse, ils se marient clandestinement avant de regagner ensemble le village de Kumaresan. Le jeune homme croit naïvement qu'il finira par avoir raison des réticences des siens et par faire accepter sa femme au village. Mais le piège se referme sur eux jour après jour.
    Véritable tragédie des temps modernes, Le Bûcher dénonce avec force les traditions qui menacent l'humanité.

  • Comme une personne sur six en Inde, Sujatha Gidla est née intouchable. Mais à la différence de la plupart d´entre eux, analphabètes, sa famille a été éduquée par des missionnaires canadiens dans les années 1930, permettant à ses parents de devenir professeurs d´université et à Gidla de fréquenter de grandes écoles et de déménager en Amérique à l´âge de vingt-six ans. C´est seulement à ce moment-là qu´elle réalise à quel point l´histoire de sa famille est extraordinaire. Sa mère, Manjula, et ses oncles Satyam et Carey sont nés aux derniers jours de la domination coloniale britannique. Ils ont grandi dans un monde marqué par la pauvreté et l´injustice, mais aussi plein d´espoirs nouveaux. Dans les bidonvilles où ils vivaient, tout le monde avait le goût de la politique et les rassemblements, les agitations et les arrestations étaient monnaie courante. Page après page, Gidla nous transporte, nous fait vibrer, nous bouleverse et nous transmet une incroyable énergie.

  • Un soir de septembre 1949, une maison prend feu dans la ville de Batia, en Inde. Elle est réduite en cendres avec ses six habitants et un chien. Le chef de famille était un fonctionnaire chargé de la collecte des impôts sous la responsabilité de Madhusudan Sen, le magistrat de la ville. C'était aussi et surtout son très apprécié fournisseur en oeufs frais, poisson et viande rouge depuis que le cuisinier hindou de Sen a refusé de satisfaire ses plaisirs carnivores. Car ce dernier est un hindou de haute caste, mais non végétarien. Lorsqu'on découvre que l'incendie n'avait rien d'accidentel, et même que les disparus ne sont pas morts par les flammes, Sense jure de devenir végétarien jusqu'à ce que justice soit faite.

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  • C'est dans sa ville natale, une « petite cité endormie » bordée d'une longue et belle plage, qu'Anees Salim situe ce roman inspiré de l'histoire de sa propre famille. Un paysage en apparence serein, et pourtant : en quelques 300 pages, tandis que les tragédies s'abattent en cascade, le jeune Amar déroule ce qui s'apparente à une lettre de suicide. Et les raisons sont nombreuses au malheur d'Amar : la difficulté de grandir auprès de parents en guerre, l'impossibilité de se tourner vers l'athéisme dans une famille musulmane pratiquante, le lourd poids de l'héritage d'une bien étrange grand-mère, ou encore la crainte d'être la réincarnation d'un oncle maternel décédé le jour de sa naissance. À travers l'histoire d'Amar, c'est une incroyable saga qu'Anees Salim déploie de sa plume virtuose, bouleversante de bout en bout sans être dénuée d'ironie.

  • Voici le troisième et dernier épisode des aventures de Göran Borg et de son ami indien Yogi. Cette fois-ci, cap sur la campagne suédoise, qui se révèle beaucoup plus exotique et magique qu'on aurait pu l'imaginer, surtout à partir du moment où Yogi se découvre des talents de guérisseur... Avec l'humour ravageur et la légèreté qu'on lui connaît, Mikael Bergstrand excelle à dépeindre le parcours intérieur d'un homme qui, à plus de cinquante ans, apprend à s'accepter lui-même et à aimer les autres pour ce qu'ils sont.

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  • Neuf mois après un voyage en Inde dont il avait cru revenir transformé à jamais, le Suédois Gorän Borg a déjà repris ses mauvaises habitudes : il s'empiffre à nouveau de glace Ben & Jerry's en pestant contre ses collègues et en s'apitoyant sur son sort. Seule bouée de sauvetage psychologique : le mariage imminent de son ami indien Yogi, prétexte qui le mènera bientôt, au gré d'une série d'aventures plus rocambolesques les unes que les autres, jusqu'aux plantations brumeuses du Darjeeling et dans l'État du Sikkim«. »Dépaysement et bonne humeur garantis.

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  • Göran Borg, divorcé, la cinquantaine, vient de se faire virer. Il accepte de suivre en Inde son ami Erik, animateur de voyages organisés. Là-bas, il découvre un nouveau monde et rencontre la belle Preeti, directrice d'un salon de manucure, qui va bientôt faire chavirer son coeur, ses préjugés d'Occidental, et peut-être même son existence tout entière. Un roman léger, coloré et réjouissant, par celui qui est considéré en Suède comme le pendant masculin de Katarina Mazetti.

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  • À Ahmedabad, dans l'État du Gujarat, d'ancestraux monuments moghols côtoient des bâtiments d'un modernisme revendiqué. Car ici, tout est affaire d'héritages et de promesses d'avenir. Au coeur de cette cité colorée vit une minuscule communauté juive, tiraillée entre le poids d'une tradition à sauvegarder et le tumulte multiculturel qui l'entoure.
    À travers la vie d'un immeuble et de ses habitants, Esther David peint les doutes et les joies de cette communauté singulière, à la fois hors du temps et résolument ancrée dans son époque. Immeuble Yacoubian à la sauce casher, Shalom India Résidence, nous initie aux rites et aux interdits d'un microcosme truculent sur trois générations. Et nous offre un visage méconnu de l'Inde contemporaine.

  • Au sortir d'une relation secrète avec un homme politique, une jeune écrivaine épouse un brillant universitaire qui milite contre toutes les oppressions. À peine le mariage célébré, le "mari-camarade" l'emprisonne dans un terrible huis clos régi par la violence. Sous prétexte de la libérer, il l'enferme et s'emploie à l'anéantir. Un récit de survie étonnamment lumineux qui apporte un éclairage singulier sur les violences faites aux femmes, en Inde et dans le monde. L'auteur met au jour, dans ce texte à la fois très intime et très littéraire, le véritable mécanisme de défense que constitue le rapport à la fiction.

  • Femmes, mères, épouses ou fillettes, il y a celles qui se retiennent de casser les assiettes et celles qui envoient tout valser. Entre résignation et résistance - de la benjamine qui sacrifie Jane Eyre, son livre préféré, pour conjurer les violences conjugales que subit sa soeur, aux deux amies qui s'efforcent de réunir cent roupies pour payer une IVG -, les situations se répondent. Il y a les mères qui se sont accommodées des traditions au prix de petits arrangements personnels avec les dieux ; et les filles, têtes bien faites et saris aux oubliettes...
    Si bien qu'on éprouve le sentiment d'être dans l'espace multiple et concerté du roman, au sein d'une famille de la bourgeoisie indienne.
    Merveilles d'inventions narratives, ces huit nouvelles entrelacent cruauté inconsciente et enchantement amoureux, songeries amères et tendres, conflits cocasses ou tragiques. On se laisse, d'une histoire à l'autre, envoûter par l'univers d'Anjana Appachana, qui poursuit une investigation quasi sociologique de l'imaginaire indien - en y ajoutant cette ampleur intimiste, frémissante de nuances, qui nous rend si proches ses personnages.

  • Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. Cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle traduit en arabe les oeuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov. À la fois refuge et « plaisir aveugle », la littérature est l'air qu'elle respire. Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient ; de l'odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la lueur de la bougie tandis que la guerre faisait rage, de la ville en feu, de l'imprévisibilité de Beyrouth.

  • Un poète du dimanche relégué dans un village se pique d'apprendre à lire à Ratan, l'humble fillette qui le sert ; deux amis se déchirent à cause du citronnier qui sépare leurs jardins ; une petite fille, à peine sait-elle écrire, trace partout ses états d'âme poétiques avec un bout de charbon, sur les murs, le cahier de comptes de son père, les manuscrits de son frère ; une enfant de cinq ans se lie d'amitié avec un colporteur afghan qu'elle rejoint en bas de chez elle dès qu'il passe - Kabuliwallah ! - mais qui un beau matin ne se présente plus...
    Délicieuses et dramatiques, ces vingt-deux nouvelles, qui se déroulent au coeur du Bengale et de Calcutta, sont d'un inépuisable envoûtement.

  • Non pas vivre parmi les arbres, mais bel et bien devenir arbre : telle est l'obsession de Sumana Roy, née, écrit-elle, par la contrainte, enfant, d'avoir à enfiler des sous-vêtements : « Les arbres n'étaient pas, eux, encombrés de bras. » Cette obsession ne fera que grandir au fil des ans :
    Effrayée par la violence de la société où elle grandit, sa cupidité, son égoïsme, Sumana Roy commence à se rêver arbre - « j'étais fatiguée de la vitesse, je voulais vivre le temps propre des arbres » - et à développer de plus en plus une attirance vers leur façon d'être nonviolente, d'occuper légèrement la terre, par leur capacité à faire face à la solitude et à la douleur, par le désintéressement avec lequel ils donnent librement d'eux-mêmes.
    Les premiers temps de sa quête seront une immersion dans tout ce que peuvent en dire les sciences naturelles, jusqu'à la révélation progressive de cette étrange vie végétale qui se déploie autour de nous sans que nous y prenions garde. Puis Sumana Roy bascule au-delà : se sentir arbre grâce à une démarche intensément poétique - et son tour de force est bien de nous faire partager sa démarche jusqu'au vertige.
    Elle découvrira en chemin que d'autres ont vécu la même quête d'un « devenir arbre » : Rabindranath Tagore, D. H. Lawrence, bien d'autres encore, dont des personnalités spirituelles clés telles que le Bouddha - manière pour chacune d'elles de mieux comprendre le monde naturel, et soi-même. « Je n'étais pas la seule à avoir considéré l'arbre comme un humain ou l'humain comme un arbre. » Et le charme de ce livre tient à la manière dont l'auteur organise le chatoiement de toutes ces facettes, dans un constant étonnement émerveillé qui nous emporte à notre tour : qu'est-ce donc qu'être au monde ?

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