Christophe Jaffrelot

  • Avec une décennie d'avance, l'Inde a fait une entrée remarquée dans le xxie siècle. Elle a amorcé de grandes réformes structurelles (politiques, économiques et sociales). Dans les années 1990-2000, le renforcement du fédéralisme, le rapprochement avec les États- Unis, la libéralisation économique et la politique de discrimination positive en faveur des basses castes ont changé le visage du pays. À ces phénomènes s'en ajoutent d'autres, à la temporalité plus lente mais dont l'impact est majeur : transition démographique, urbanisation rapide et effort de défense nationale.
    L'Inde est aujourd'hui confrontée à la montée en puissance des nationalistes hindous, au pouvoir depuis 2014, à une marginalisation de ses minorités religieuses et à une concentration du pouvoir liée à la centralisation administrative. À plus long terme, la crise agricole et les risques environnementaux hypothèquent son développement.
    Cet ouvrage est une synthèse indispensable à qui veut comprendre l'histoire contemporaine d'une grande puissance émergente avec laquelle il faut désormais compter.
    Christophe Jaffrelot, grand spécialiste de l'Inde, est directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS.

  • En Inde comme dans bien d'autres pays, la nation ne se définit pas seulement sur le mode ouvert de la citoyenneté, mais aussi sur celui, fermé, de l'ethnicité. Le premier a longtemps été représenté par le parti du Congrès de Gandhi puis de Nehru, et le second par les nationalistes hindous, pour lesquels la communauté majoritaire, faite de fils du sol, incarne l'Inde éternelle, tandis que les chrétiens et les musulmans sont des pièces rapportées devant prêter allégeance aux symboles hindous pour être reconnus comme des Indiens à part entière.
    Né dans les années 1920, le nationalisme hindou n'a pris son essor que dans les années 1990 avant de conquérir le pouvoir en 2014. Ce tournant doit beaucoup au populisme de son leader, Narendra Modi, une personnalité atypique qui a d'abord gouverné la province du Gujarat   où il s'est imposé, suite au pogrom antimusulman de 2002, grâce à ses succès économiques et au soutien des milieux d'affaires  , avant de conduire son parti, le BJP, à la victoire.
    En cinq ans, les nationalistes hindous ont changé la face de l'Inde. Non seulement ils ont mis au pas les tenants du sécularisme (universitaires, ONG...), mais ils se sont aussi attaqués aux chrétiens et aux musulmans au point de les marginaliser dans les assemblées nationales et régionales, et, surtout, de mettre en place une police culturelle. Ce dispositif, s'il ne s'est pas traduit par des réformes constitutionnelles, donne aujourd'hui naissance à une démocratie ethnique de fait.
      Christophe Jaffrelot, ancien directeur du CERI, est directeur de recherche au CNRS et enseignant à Sciences Po. Il est le grand spécialiste de l'Asie du Sud et s'intéresse plus particulièrement à sa politique, au carrefour des dynamiques sociales et religieuses.

  • Avec une décennie d'avance, l'Inde a fait une entrée remarquée dans le XXIe siècle. Depuis 1990 en effet, le renforcement du fédéralisme, de nouvelles alliances internationales, la libéralisation économique, une politique de discrimination positive mise en place en faveur des basses castes et la polarisation religieuse grandissante ont transformé le visage du sous-continent. À ces phénomènes qui conditionnent aujourd'hui encore la trajectoire indienne s'en ajoutent d'autres, à la temporalité plus lente : transition démographique, urbanisation croissante et effort de défense nationale accru. Autant de facteurs qui, analysés dans cet ouvrage par quelques-uns des plus éminents spécialistes, font de l'Inde une grande puissance émergente avec laquelle il faut désormais compter.

  • Travaillé par les régionalismes et soumis à maintes tensions ethniques entre groupes linguistiques et religieux.
    Le Pakistan, un demi-siècle après sa naissance, cherche encore son identité. A cesclivages intérieurs s'ajoutent les conflits aux frontières dupays, en Afghanistan et au Cachemire où le Pakistan s'oppose, par guérilla interposée, au rival indien, lui aussi détenteur déclaré de l'arme nucléaire depuis 1998. L'impératif économique - en particulier énergétique - et les pressions des Etats-Unis qu'inquiètent le soutien d'Islamabad aux Taliban et les risques de prolifération nucléaire amèneront-ils les deux pays à la modération ?

  • Le pakistan

    Christophe Jaffrelot

    • Fayard
    • 15 Novembre 2000

    Né il y a à peine un demi-siècle dans la tourmente, le Pakistan - ou " pays des purs "- semble toujours en quête de son identité. L'histoire de cet Etat, dont les racines remonteraient à la civilisation de l'Indus, a été marquée par quatre coups d'Etat militaires. Ses fondements islamiques ont très vite suscité des mouvements séparatistes, d'où est sorti notamment le Bangladesh. Depuis, les tensions entre groupes ethniques et communautés religieuses n'ont pas cessé. La politique d'islamisation, le déséquilibre entre le Pendjab et les autres régions, les économies parallèles ont tour à tour exacerbé les antagonismes. Les problèmes géopolitiques auxquels le Pakistan doit faire face ne sont pas moindres. Dès sa naissance, il a cherché à s'affirmer, au besoin par les armes, face à son puissant voisin indien. A la charnière stratégique du Moyen-Orient, de l'Asie centrale et de la Chine, il est plus que jamais un maillon essentiel, dans le système mondial, comme en témoigne son rôle décisif en Afghanistan. Seule puissance nucléaire gouvernée par des militaires, le Pakistan, avec ses 160 millions d'habitants, est aujourd'hui le sixième Etat du monde par sa population.
    Cet ouvrage a été dirigé par Christophe Jaffrelot, diorecteur du CERI. France Bhattacharya, Gilbert Etienne, Marc Gaborieau, Pierre Lafrance, Aminah Mohammad, Jean-Luc Racine, Tariq Rahman et Olivier Roy y ont également participé.

  • L'Inde fait aujourd'hui irruption sur la scène internationale à la faveur de la globalisation économique, forte de son nouveau statut de puissance nucléaire et en vertu d'une formidable dyna­mique culturelle dont la littérature et le cinéma sont les meilleurs symboles.


    Cette montée en puissance est le fruit de ce qu'elle a semé au lendemain de l'indépendance de 1947, point de départ de cet ouvrage qui décrit la trajectoire singulière de l'Inde contemporaine, tant au plan Politique que diplomatique, économique, social et artistique. Le non-alignement des années 1950 a ainsi fait place à un rapprochement avec l'URSS avant de céder le pas à la convergence indo-américaine des années 2000 ; l'intervention de l'Etat dans l'économie a été remise en cause dans les années 1990, la libérali­sation donnant naissance à une nouvelle classe moyenne et creusant les écarts entre les régions ; l'urbanisation s'est poursuivie au rythme de la croissance démographique sans que l'exode rural ne vide pour autant les campagnes, toujours majoritaires ; les castes ne s'agencent plus suivant un ordre aussi hiérarchique que dans le passé, mais si elles s'organisent en groupes d'intérêt en compé­tition pour le pouvoir et l'obtention d'une meilleure part du gâteau, leur rôle dans la société ne faiblit pas.


    La dimension culturelle informe également tout l'ouvrage, non seulement parce qu'on ne comprend pas l'Inde en dehors de ses catégories propres, mais aussi parce que ce pays, riche en arts, est porteur d'une grande civilisation. Celle-ci souffre toutefois de tensions religieuses qui opposent notamment les hindous aux musulmans, un phénomène indissociable du contentieux indo­pakistanais à l'origine de trois guerres en cinquante ans.



    Cette nouvelle édition, augmentée de sept nouveaux chapitres et entièrement mise à jour, permet d'appréhender pleinement l'Inde dans sa complexité.



    Ont collaboré à cet ouvrage Jackie Assayag, Pierre Audinet, France Bhattachary~, Gilles Boquérat, Marine Carrin, Catherine Clémentin-Ojha, Françoise Delvoye, Gilbert Etienne, Joél Farges, Marc Gaborieau, Violette Graff, Marguerite Gricourt, Emmanuel Grimaud, Christophe Z. Guilmoto, Olivier Herren­schmidt, Gérard Heuzé, Christiane Hurtig, Christophe Jaffrelot, Loraine Kennedy, Florence Martin-Kessler Isabelle Milbert, Annie Montaut, Vaiju Naravane, Guy Poitevin(t), Jacques Pouchepadass, Jean-Luc Racine, Michel Renouard, Isabelle Saint-Mézard, Elisabeth Sethupathy, Gilles Tarabout, Anne Vaugier-Chatterjee Denis Vidai, Marc-Jean Zins.

  • La démocratie indienne n'a pas d'équivalent dans les pays du Sud, car elle s'enracine dans une longue histoire. Dès les années 1920, les Britanniques ont introduit une forme de parlementarisme et le Congrès, qui incarnait le mouvement d'indépendance, s'est construit comme un véritable parlement. Ses leaders adhéraient au modèle anglais tout en considérant la démocratie comme un titre de gloire de l'Inde ancienne; même Gandhi, bien que plus réservé envers le système parlementaire, militait contre un pouvoir fort pour que les villages soient le coeur du système politique. En outre, les factions et les baronnies excluaient la création d'un Etat centralisé. Avant même l'indépendance, le Congrès dut prendre ainsi l'habitude de rechercher des compromis dans la quête d'un consensus.

    /> La démocratie conservatrice à laquelle l' " Etat Congrès " a donné naissance reposait sur un vaste réseau de clientèles, les milieux paysans et ouvriers demeurant largement inorganisés. Paradoxalement, la démocratie indienne a franchi une nouvelle étape dans les années 1990, quand la politisation des castes a favorisé le pluralisme politique et permis aux castes inférieures de faire valoir leur principal atout, le nombre. Mais bien des menaces pèsent sur elle aujourd'hui: l'essor de la corruption, la criminalisation du politique et la montée en puissance du nationalisme hindou.

    Christophe Jaffrelot est chercheur au CNRS (Ceri). Il a dirigé l'Inde contemporaine (Fayard, 1996).

  • L'auteur analyse l'idéologie et les stratégies du mouvement nationaliste hindou, de sa naissance en 1920 aux années 1990.
    L'hindouisme militant s'est construit comme nationalisme sur la base d'un sentiment de vulnérabilité face à l'Occident chrétien et à l'islam. Il s'est ainsi fait l'avocat d'une réforme sociale cherchant à unir des hindous connus pour leur division en castes et sectes. Longtemps endigué par le sécularisme vigilant de Nehru, le mouvement natonaliste hindou s'est développé à partie de 1980 ; en outre, le ralliement d'un réseau de religieux, pendant cette même période, a contribué à son épanouissement.

  • Enquête vivante et savante sur les formidables mutations que connaît - sans que cela se voie - l'Inde, géant de demain !

  • Un demi-siècle après le règne flamboyant de Nehru, l'Inde est de retour sur la scène internationale. Les successeurs immédiats de Nehru avaient été contraints de se concentrer sur leur région, l'Asie du Sud, théâtre de tant de guerres au cours des années 1960-1980. Si la vision du monde de Nehru était plutôt globale et idéaliste, celle de sa fille et de son petit-fils se révéla donc plutôt régionale et réaliste. Depuis les années 1990, l'Inde est travaillée par une nouvelle volonté de puissance. Elle est devenue une puissance nucléaire de fait et a accru sa force de frappe militaire dans l'océan Indien. Avec Manmohan Singh, elle poursuit une stratégie pragmatique, entre soft power et realpolitik, visant à faire de ce pays-continent un acteur majeur du monde global. Rassemblant certains des meilleurs spécialistes de l'Inde, cet ouvrage synthétique nous livre une analyse magistrale de la politique étrangère indienne et des relations que l'Union indienne entretient avec le reste du monde depuis soixante ans.

  • Le syndrome pakistanais

    Christophe Jaffrelot

    • Fayard
    • 25 Septembre 2013

    Depuis sa naissance en 1947, le Pakistan est travaillé par des forces contraires. Ses fondateurs ont voulu construire un État-nation centralisé alors que les régions, attachées à leur culture et à leur langue, souhaitaient gérer leurs propres affaires. Faute de les avoir entendues, le pouvoir central n'a pu empêcher la création du Bangladesh en 1971, et il se trouve aujourd'hui confronté à divers mouvements séparatistes - des Baloutches à la mobilisation des Mohajirs pour contrôler Karachi. À la question de l'État s'ajoute celle du régime. L'armée et la classe politique alternent en effet au pouvoir tous les dix ans avec une grande régularité. Auteurs de trois coups d'État, les militaires jouent de la menace indienne pour justifier leur emprise sur le pays et leur budget, colossal. Les partis leur résistent et obtiennent à intervalles réguliers le retour à une certaine démocratie. Mais tous les dirigeants civils ne sont pas forcément démocrates, et leur népotisme, voire leur corruption, que l'armée imite de mieux en mieux, nuisent à leur crédibilité. Enfin, la question religieuse pèse sur le destin du pays telle une épée de Damoclès. Créé sur des bases « sécularistes », le Pakistan a connu un processus d'islamisation qui, ajouté au jihad en Afghanistan, a favorisé l'essor de l'islamisme. Sunnites et chi'ites s'affrontent, soutenus respectivement par l'Arabie Saoudite et l'Iran. La talibanisation gagne, et les mouvements islamistes, parfois proches d'Al Qaeda, défient à coups d'attentats de plus en plus audacieux un État désorganisé, sinon failli, bien que nucléaire. Ni jacobin ni fédéral, ni démocrate ni autocrate, ni laïque ni théocratique, le Pakistan contemporain est soumis à des pressions contradictoires. De l'issue de cette épreuve de force dépend l'avenir d'une région clé pour la stabilité de la planète.

  • En 1997, l'élection d'un intouchable à la tête de l'Etat indien, le président Narayanan, a subitement témoigné de la montée en puissance des castes les plus basses sur la scène politique indienne.
    Les intouchables, environ 150 millions de personnes victimes d'une ségrégation multi-séculaire, commencent à récolter les fruits de plusieurs décennies de lutte, combat dont Ambedkar fut le pionnier.
    Bhim Rao Ambedkar (1891-1956) fut longtemps seul contre tous, et notamment contre Gandhi, pour qui les intouchables devaient demeurer partie intégrante de la société hindoue. Cela ne l'empêchera pas de participer au premier gouvernement de Nehru et d'être chargé de rédiger la Constitution de l'Inde en 1947, en raison de ses talents de juriste.
    Il utilisera ces fonctions pour contenir l'influence du gandhisme et au mieux des intérêts des intouchables.
    Homme d'Etat, Ambedkar était aussi un penseur. Son action politique reposait sur une analyse sociologique du système des castes dont il conclut qu'il était consubstantiel à l'hindouisme et que les divisions des castes inférieures interdisaient la formation d'une classe laborieuse, dont les marxistes indiens espéraient encore l'avènement.
    D'où les deux stratégies qu'il mettra en oeuvre dès les années 1920. La première visait à améliorer la position des intouchables dans l'espace public, en les mobilisant à travers un parti politique et en obtenant pour eux des concessions auprès des Britanniques puis du Congrès. La seconde n'était autre que la conversion à une autre religion, perçue comme une migration collective vecteur d'émancipation sociale dès lors qu'elle permettait d'échapper au monde hindou.
    Ministre de Nehru mais bridé dans ses projets de réforme sociale, il démissionna et prit ses distances avec l'action politique au début des années 1950 pour finalement se convertir au bouddhisme quelques mois avant sa mort.
    Il disparut, amer et solitaire, sans se douter qu'il avait posé les bases d'un mouvement intouchable arrivant aujourd'hui à maturité.

  • Les pays émergents jouent un rôle croissant sur la scène internationale sans qu'on mesure encore la portée de leur essor, ni même que l'on fasse toujours l'effort de les identifier précisément. Que pèsent-ils réellement ? Qu'ont-ils d'autre en commun sinon de susciter l'appréhension des pays riches ? Comment résisteront-ils à la crise qui commence ? Pouvant se lire au gré de l'intérêt de chacun, L'Enjeu mondial dresse le panorama des pays émergents en quatre volets : la généalogie de l'émergence, les trajectoires de sept nations et trois régions, les changements suscités par leur essor dans l'ordre économique, politique et militaire, et enfin, les limites du phénomène, liées au creusement des inégalités et aux contraintes environnementales. Sous la direction de Christophe Jaffrelot, directeur du CERI (Centre d'études et de recherches internationales de Sciences Po), avec la collaboration des meilleurs spécialistes, L'Enjeu mondial se propose d'éclairer l'un des grands enjeux mondiaux contemporains, combinant analyses et cartographie inédites.

  • Force de contestation jusqu'aux années 1990, le populisme est aujourd'hui aux commandes de plusieurs États, en Europe, dans les Amériques, en Asie, au Moyen-Orient. Ce phénomène majeur, qui hante le paysage politique contemporain et se globalise, pénètre aussi bien les démocraties établies et récentes que les régimes plus fermés.
    Qu'il soit considéré comme une idéologie « molle », un style politique ou une stratégie électorale, le populisme favorise partout la personnalisation du pouvoir ainsi qu'un autoritarisme plus ou moins assumé, et son succès repose toujours sur un antagonisme facile entre des élites qui seraient corrompues et un peuple supposé « pur ».
    L'Enjeu mondial se penche sur la façon dont les populistes conquièrent le pouvoir, l'exercent et le conservent. Il examine les bases sociales des « pouvoirs populistes » de même que les forces qui leur résistent. Car le populisme peut aussi n'être qu'un moment, contrecarré par de robustes institutions défendant l'État de droit.
    Coréalisée par le CERI, l'Atelier de cartographie et les Presses de Sciences Po, la collection « L'Enjeu mondial » propose les analyses de spécialistes illustrées de façon claire et pédagogique par des cartes et des graphiques en couleurs, et enrichies des données les plus récentes.

  • Nation, nationalisme : deux mots qui ne cessent d'être utilisés dans le langage commun, mais dont le sens reste souvent flou, voire contradictoire.
    L'ambition de ce volume est de donner un aperçu complet des recherches les plus récentes, qu'elles soient théoriques, normatives ou analytiques. Centré sur l'étude du nationalisme - concept nettement distinct de celui de nation -, il s'intéresse tant aux théories qu'aux pratiques, qu'elles soient européennes ou nord-américaines, post-coloniales, anciennes ou contemporaines. L'analyse des théories du nationalisme, abordées dans une perspective critique, apporte de précieuses clarifications conceptuelles et remet en question nombre d'oppositions canoniques: universalisme vs particularisme, nationalisme vs multiculturalisme...
    Les pratiques du nationalisme sont approchées sous l'angle de la mobilisation des ressources identitaires (folklore, histoire, langue, religion...) comme des moyens d'action (populisme, violence). L'ouvrage se clôt par une réflexion contrastée sur le postnationalisme, en Europe comme dans le reste du monde. Rassemblant les meilleurs spécialistes français, qui ont largement contribué au renouveau d'intérêt pour le nationalisme, ce livre, organisé autour d'une approche transversale et thématique, elle-même nourrie par de nombreuses études de cas, constitue sans nul doute un ouvrage de référence sur le sujet.

  • L'objectif de cet ouvrage est de partir du cas-limite de la caste, l'une des formes d'assignation statutaire les plus rigides au monde, pour penser la façon dont s'opère la justification et la légitimation d'un ordre social inégalitaire. Rejetant l'hypothèse selon la laquelle la caste constituerait un phénomène incomparable car propre à l'Inde, cet ouvrage défend au contraire l'idée que l'exemple de la caste constitue un précieux embrayeur d'intelligibilité pour penser la façon dont s'opère, dans les sociétés modernes, la distribution inégale des statuts sociaux.
    Il est ainsi possible de retrouver des mécanismes similaires à ceux de la caste dans la façon dont fonctionnent les assignations statutaires sur la base de la race, de la classe ou du genre. Cet ouvrage offre également au lecteur les outils nécessaires pour comprendre comment fonctionne réellement la caste, cette institution souvent méconnue, dans la société indienne contemporaine.

  • Il y a longtemps que l'Asie est le centre de gravité démographique du globe. Aujourd'hui, elle est essentielle à l'économie mondialisée. Demain, elle pourrait se trouver au cour des équilibres géostratégiques et militaires de la planète.
    Trois des meilleurs spécialistes français se livrent ici à un exercice de prospective. Ils nous donnent leur vision de l'évolution des trois géants d'Asie dans les dix années à venir. Quand nombre d'experts se contentent de prolonger les courbes de croissance, eux multiplient les hypothèses qui se répondent d'un chapitre à l'autre. Leurs scénarios se fondent sur une profonde connaissance du passé et du présent de la Chine, du Japon et de l'Inde, et des très nombreux facteurs de tous ordres (économique, démographique, politique, culturel, géostratégique) dont dépend leur avenir - et avec lui, le nôtre.

  • L'accélération de la mondialisation, la circulation des capitaux, internet et les technologies de communication, l'émergence et l'urbanisation des pays du Sud, le vieillissement des pays du Nord, l'instabilité et les crises politiques, mais aussi le changement climatique, donnent une ampleur sans précédent aux migrations et aux mobilités humaines qui ne cessent d'augmenter et de se diversifier, soulevant de nombreux débats dans les pays de départ comme dans les pays d'accueil.
    Global et massif, le phénomène migratoire justifie la recherche de nouvelles formes de gouvernance au niveau mondial. L'Enjeu mondial en propose une analyse en cinq volets thématiques : 1) l'évolution récente des migrations internationales .
    2) les migrations intérieures, qu'elles soient libres ou forcées .
    3) un Sud, terre de migrations .
    4) un Nord, entre rejet et intégration .
    5) et enfin, les diasporas et leur utilité pour les pays d'origine.
    Sous la direction de Christophe Jaffrelot et de Christian Lequesne, directeur du CERI (Centre d'études et de recherches internationales de Sciences Po), avec la collaboration des meilleurs spécialistes, L'Enjeu mondial se propose d'éclairer l'un des grands enjeux mondiaux contemporains, combinant analyses et cartographie inédites.

  • Le nombre de victimes de guerres civiles, guérillas ou répressions militaires ne cesse d'augmenter dans le sous-continent indien, malgré l'absence de guerres interétatiques depuis dix ans. Ces conflits impliquent des milices au style paramilitaire, dont cet ouvrage dévoile l'idéologie, la sociologie et les stratégies.

    Très influentes en Inde et au Népal, les organisations maoïstes se disent révolutionnaires. Mais le peuple qu'elles aspirent à libérer se compose souvent de basses castes et de tribus, si bien que leur guérilla apparaît plus ethnique qu'universaliste.

    Elles rejoignent en cela les mouvements d'émancipation nationale dont la vocation est d'obtenir l'indépendance politique de communautés linguistiques, religieuses ou tribales. Mais, au Sri Lanka, au Cachemire ou en Birmanie, ces groupes sont aussi des mouvements d'oppression nationale.

    C'est encore le cas des mouvements nationalistes ou religieux en Inde, au Pakistan et au Bangladesh, où les milices islamistes, nationalistes hindoues ou sikhes exercent un contrôle brutal sur leur communauté au moyen d'une véritable police culturelle.

    Milices et États entretiennent des relations complexes. Parfois en passe de devenir de véritables États dans l'État, les milices sont également instrumentalisées par les puissances publiques pour relayer leur autorité au niveau local.

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