Eugène Ebode

  • À quatre-vingts ans passés, Mado, née d'un père suédois et d'une mère camerounaise, vit à Perpignan et se souvient : de son enfance à Edéa, au Cameroun, sur les bords de Rivière blanche et rouge, avant que n'éclate la deuxième guerre mondiale, ses horreurs et ses bouleversements. Elle revoit son départ inattendu vers la France où l'entraîne une mère adoptive aux nerfs fragiles. Les voici en escale à Témara, au Maroc, ovationnant le général de Gaulle venu stimuler la 2ème DB du général Leclerc en route vers le débarquement en Normandie. Lui revient aussi son escale à Constantine, en Algérie, où la Victoire des Alliés s'achève dans des explosions de joie mais aussi de colère. Arrivée à Perpignan, Mado déplore et le froid et les regards de biais sur une Métisse chagrine qui, longtemps, a cru sa mère biologique morte.
    C'est à Céret que Mado deviendra l'amie et l'égérie secrète de plusieurs artistes de renom : Picasso, Matisse, Haviland, Soutine, Chagall, Masson, Dali...

  • La transmission

    Eugène Ebode

    Alors qu'il ne rêve que de jouer au football, un jeune homme assiste à l'agonie de son père dont il recueille les dernières confidences. Charismatique acteur de la guerre d'indépendance du Pays des Crevettes, autrement dit d'un Cameroun décortiqué jusqu'à sa chair, le père assigne au fils la mission initiatique de régler la dot de sa mère, Magrita, dont il n'a jamais voulu s'acquitter par mépris des coutumes et orgueil culturel. Dans sa quête de la dot, doublée d'une intime enquête involontaire qui bouleverse son existence, le jeune homme découvre les secrets enfouis de son père. Peut-il alors tenir son impossible pari ? Doit-il renoncer à sa promesse, tant le voile qu'il soulève est lourd de révélations, au risque d'être hanté par le remords ? Ou faut-il payer la dette du père et accomplir tous les actes liés à cette matrimoniale entreprise ? Les multiples rencontres, amis du père, parents éloignés, permettront au narrateur de connaître aussi les tourments et les espoirs de l'Afrique contemporaine, pendant la colonisation franco-britannique. Avec un vif suspense affectif et historique, Eugène Ébodé joue, entre amour, humour et ironie, de l'auto-fiction. Il lie et délie les existences de ses personnages, au-delà de nos nuits, de leurs ombres et de leurs fantômes.

    1 autre édition :

  • En Alabama, une couturière noire de 42 ans est accusée de n'avoir pas cédé sa place à un Blanc le 1er décembre 1955 dans un bus de Montgomery. Mais Rosa Parks, dont le geste n'était pas prémédité, n'entend pas se laisser faire. S'ensuit alors l'un des plus grands soulèvements pour l'égalité des droits civiques, et un boycott de 381 jours de la compagnie de bus. Ainsi soutenue par un jeune pasteur de 26 ans appelé Martin Luther King et des Blancs progressistes, Rosa Parks entre dans l'Histoire.

    C'est le récit de ce combat courageux qu'Eugène Ébodé relate dans ce vibrant hommage à la cause noire américaine.

  • Un jeune couple de Sud-Africains blanc, Donovan et Mélania Bertens, en voyage de noces à l'Île Maurice, est contraint par un violent cyclone de séjourner à Mayotte. Donovan et son épouse sont stupéfaits, puis choqués d'y découvrir la misère sociale, la prolifération des bidonvilles, les hordes d'enfants abandonnés dans les rues et l'état de délabrement qui règne dans ce territoire français doté d'une nature exceptionnelle et d'un somptueux lagon. Admirateur de Mandela, le jeune Donovan voit dans cette île négligée une Afrique en souffrance et une cause à défendre.
    De retour à Cape Town, il convainc son épouse de partir vivre à Mayotte. Ils y retrouvent un guide providentiel, un Mahorais érudit qui leur raconte la légende de son île surgie d'un joyau considéré comme le plus divin des promontoires. Très vite, les nouveaux venus se retrouvent reclus à domicile : l'insécurité, les mouvements sociaux, l'indifférence de Paris et la pression migratoire sur ce territoire hautement inflammable font planer la menace d'affrontements entre communautés. Donovan s'engage et s'implique. Trop ?...

  • Témoignage de Souveraine Magnifique, une rescapée des massacres commis entre Tutsi et Hutu, au Rwanda en 1994. Elle se souvient des cris et des chuchotements venus d'outre-tombe et la colère intacte qui l'habite vingt ans après.

  • Le Fouettateur est un poème épicé au piment brûlant et cru de la vie. Il met à nu, en une chevauchée au souffle enragé, les lâchetés et les crimes commis depuis les origines aux quatre points cardinaux de notre planète. Qui est le Fouettateur ? " Un notaire universel chargé de recenser avec application jusqu'au dernier des suppliciés. Ce n'est qu'avec lui que prendra fin l'inhumanité qui nous ramène constamment à la pauvre nuit de l'homme. " Récolte d'océans de sang, chant survolté et désireux d'enjamber le néant, Le Fouettateur remue et surprend. L'intervention de la Fouettatrice en amazone aimante et ailée, l'impertinence d'un enfant aveugle, la cadence d'un poème-fouet nous emportent aussi dans un tourbillon de langues, un parfum de mangue, de carambole... et de révolte.

  • " je ne tairai rien de ce qui est arrivé à kéru.
    Voici dimanche, et, comme tous les dimanches, il flotte désormais dans l'air une atmosphère qui pue la catastrophe. il y a dans les rues désertées des dimanches une ambiance morbide qui m'insupporte tant elle évoque un manque, un absent, une fêlure. est-ce à cause du dimanche de la finale de football ? le soleil avait pourtant inondé la ville, comme une riposte contre l'orage de la veille. le temps lumineux annonçait trompeusement l'apothéose.
    " chronique de tempétueuses, bouleversantes et rieuses années sportives, voici, après la transmission, le deuxième volet des souvenirs d'eugène ebodé, au ras d'un gazon de feu et au coeur des joutes footballistiques du pays des crevettes et d'ailleurs. hommes, femmes, amours et haines rabelaisiennes se retrouvent autour du ballon rond, des joueurs, des dirigeants de club et des supporters. utopie magique ou réalisme ironique ? la divine colère transporte avec charme et étourdit, surprend et informe le néophyte comme le spectateur averti des arcanes du foot.
    L'envie d'éclairer le jeu, de le rapprocher de ceux qui n'en connaissent ni les règles ni les rites, rend au football sa dimension populaire et planétaire. mais l'auteur exprime aussi sa colère contre les appétits de trophée et de victoire. ils peuvent en effet conduire au sacrifice de vies humaines lorsque passions et excès transforment un stade en crachoir et en cratère de tous les exutoires.

  • La désunion entre mon père et ma mère m'a longtemps paru impossible à raconter.
    Le premier gisait plus qu'il ne vivait parmi nous entre Aix-en-Provence et Gardanne. La seconde évitait plus qu'elle n'invitait ta lointaine Afrique à la table de nos conversations. Sous le couvercle familial, crépitait le feu des silences, bouillonnait la marmite des désaccords. Entrez donc, amis promeneurs, dans ces pages qui diront comment j'ai secoué mes pleurs et affronté l'épreuve du souvenir. Tous les couples sont mixtes, me suis-je laissé convaincre, mais il y en a qui le sont davantage que d'autres...
    Métisse palissade est ce mur de verdure, à la fois protecteur et sombre, construit sur une terre de bruyère et de garrigue où les ronces, grimpant entre pieux et planches, côtoyaient tilleuls, saules, hêtres, platanes et pins embroussaillés. Il m'a fallu l'enjamber, pour rechercher l'absent, ce père dont les affrontements avec un voisin nostalgique de l'Algérie m'ont marqué. J'ai rallumé la lampe de la mémoire et taillé, grâce à sa lueur tamisée, la haie qui danse sous les étoiles pour repousser la cohorte de fantômes.

  • « Il y a de cela vingt ans, au moment de quitter ma terre natale, je fus pris d'une excitation et d'une tension où l'impatience de découvrir la France le disputait à l'angoisse de l'exil. J'avais une fiancée, Chilane, mais une autre jeune fille, Silikani, la joyeuse effrontée, hantait mes jours et mes nuits. Pour échapper aux dilemmes amoureux et aux appréhensions qui me submergeaient alors, la musique africaine fut l'un de mes exutoires les plus efficaces...
    J'ai conservé de ces instants le souvenir de rythmes cadencés et apaisants. Ils ont été de formidables digues érigées contre les torrents de l'amertume. On ne danse pas quand on est amer, on s'assoit, on gémit et on pleure. Quand on quitte la vallée des larmes, on se lève et on marche. Quand on veut se sentir pleinement heureux, on esquisse un pas de danse. Le voici ! »

  • Tout sur mon maire

    Eugène Ebode

    Dans ce journal de campagne, un impertinent directeur de cabinet croque avec humour la vie quotidienne de sa mairie. À mesure qu'approche l'échéance électorale, jeux d'alliance et revers de bâton rythment les journées du petit monde du conseil municipal. Pour gagner, tous les lièvres sont bons à courir : femmes, jeunes, seniors, sportifs ou sans-papières... Le maire et son équipe remporteront-il la victoire ? Une fable de proximité drôle et féroce sur les splendeurs de la vie publique et la comédie qui s'y déploie.

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