Michele

  • En 1964, Marguerite Duras publie Le Ravissement de Lol V. Stein. Le roman fait événement. Pour l'auteure d'abord, qui dira en 1993, dans Ecrire, qu'il a été de ces livres « encore inconnus de moi et jamais encore décidés par moi et jamais décidés par personne. » En 1965, le psychanalyste Jacques Lacan rend hommage à une écriture qui, selon lui, parvient à cerner un savoir insu et converge avec l'usage de l'inconscient.
    Duras avec Lacan prolonge l'exploration des contrées ouvertes Lacan et la romancière, aux confins de l'indicible, là où la lettre touche au réel. L'ouvrage rassemble des textes majeurs qui poursuivent l'enseignement de Lacan et éclairent d'un jour nouveau la lecture du Ravissement de Marguerite Duras. Il s'agit de deux leçons du cours inédit « Les Us du laps » que Jacques-Alain Miller a donné en 1999-2000 ainsi que l'intervention que le psychanalyste Eric Laurent y avait faite. Ces textes, tels des boussoles, offrent des enseignements décisifs sur la logique du regard et de l'angoisse, du corps, de l'amour et du ravissement.
    Cet ouvrage recueille également, d'une part des textes de psychanalystes, de philosophes et de spécialistes de littérature qui ont fait date dans les études sur Duras, et d'autre part des contributions inédites s'inscrivant dans la perspective ouverte par Lacan et l'orientation donnée par Jacques-Alain Miller dans son enseignement il y a vingt ans. L'écriture, l'objet, l'amour, la féminité, le savoir insu sont autant d'axes par lesquels les auteurs abordent l'oeuvre d'une écrivaine qui, comme le dit Lacan, célèbre « les noces taciturne de la vie vide avec l'objet indescriptible ». C'est à ce vivifiant travail de lecture, initié par Jacques Lacan et prolongé par Jacques-Alain Miller, que Sophie Marret-Maleval, Claire Zebrowski, Nicolas Boileau et Dominique Corpelet ont souhaité à leur tour rendre hommage. Cet ouvrage se veut une invitation à lire et relire Duras, avec Lacan.

  • L'objet a est sans aucun doute le concept le plus original de l'oeuvre de Lacan. Paradoxalement, peu d'ouvrages traitent de manière directe de ce point précis de la théorie et de la pratique lacaniennes. Voici donc l'un des premiers livres consacrés à cette invention lacanienne qui, à certains égards, condense à lui tout seul, tel l'Aleph de Borges, la pensée et l'originalité de Lacan. Le livre que nous allons lire présente de manière progressive les outils conceptuels de l'oeuvre du psychanalyste français, en suivant l'émergence de « l'objet des objets », comme le désigne son inventeur. Cette notion, qui apparaît aussi comme une nécessité théorique, est déjà en germe dans les premiers séminaires du psychanalyste, avec l'hypothèse de la prééminence du symbolique, et on peut en suivre le développement dans les textes qui traitent de la cure analytique, et jusque dans le dernier enseignement de Lacan. Un tel parcours remet en lumière la portée de la révolution freudienne qui depuis plus d'un siècle conduit l'homme moderne dans les méandres de son rapport aliéné au désir, mais aussi lui ouvre les voies de son devenir possible en tant que sujet.

  • Quel est le lien de la psychanalyse avec le réel ? Jacques Lacan a fait de cette question l'enjeu des dernières années de son enseignement. En 1973, il publie « L'étourdit », texte extraordinaire et méconnu, au style inouï, condensé maximum des avancées essentielles de sa recherche. Renouvelant l'ambition freudienne, Lacan dialogue avec l'ensemble des savoirs humains. Avec Freud aussi, et Lacan lui-même.  Une thèse centrale s'y déplie. À partir de la différence du dire, qui touche au réel, et du dit, Lacan montre que le dire de Freud est : il n'y a pas de rapport sexuel. De là, la différence des hommes et des femmes et les raisons de leur discorde, sont entièrement à repenser. « L'étourdit » constitue aussi une réflexion parfaitement novatrice sur la question de l'universel. Celle-ci se pose, côté masculin, sur l'exception d'un père originaire, selon l'idée de Freud. Fondant la loi, il y échappe et évite le sort commun des hommes : la castration. Les femmes, elles, chacune « pastoute », objectent à l'universel parce que « la » femme n'existe pas. « L'étourdit » est aussi l'unique texte où Lacan expose de manière achevée sa topologie de la cure analytique. Tentative d'articuler au plus près de l'expérience en interrogeant la logique depuis les mathématiques, elle permet de résoudre les embarras du sens et de la signification et d'éclairer la pratique. Une théorie de l'interprétation visant l'équivoque et la cause du désir, en découle. À en suivre ici la reconstruction pas à pas, l'analyste pourra ainsi se rompre au maniement de la coupure pour ses effets de transformations subjectives. Écrit à plusieurs mains à partir d'une lecture de plusieurs années, Contrer l'universel relève le pari d'un commentaire ligne à ligne de « L'étourdit » afin de rendre compte du trésor infini qu'il recèle pour penser l'expérience psychanalytique mais aussi les bouleversements de notre siècle.

  • Au Printemps 2016, le Musée National d'Histoire et d'Art du Luxembourg (MNHA) consacre une importante exposition monographique au peintre H. Craig HANNA.

    Première rétrospective de l'oeuvre de l'artiste, cette exposition retracera 15 ans de création de ce jeune maître de la peinture contemporaine.

    Le MNHA marque ainsi avec force et conviction sa volonté de porter la scène contemporaine figurative, mettant ainsi en lumière l'un des courants picturaux les plus porteurs du moment.

    Edité à l'occasion de cette exposition, le livre H. Craig HANNA - Peintures et Dessins présente une large sélection d'oeuvres peintes ainsi que de nombreux dessins de l'artiste.

    Au delà d'un catalogue d'exposition, cet ouvrage porte en lui le renouveau d'un mouvement pictural et répond à une attente forte des collectionneurs et amateurs d'art.

  • Comment la psychanalyse lacanienne aborde-t-elle la question du genre ? La psychanalyse est-elle hétéronormative ? Quel statut le signifiant "femme" a-t-il en psychanalyse ? Comment peut-on à partir de la clinique analytique rendre compte du genre "neutre" comme nouvelle revendication et nouveau droit des sujets du XXIe siècle ? C'est à ces questions que des psychanalystes d'orientation lacanienne répondent dans cet ouvrage, en prise avec les débats qui préoccupent la société civile.
    La psychanalyse partage avec les gender studies la dénaturalisation de la sexualité, mais ne se ramène pas pour autant à une simple déconstruction du genre en tant que norme sociale. En revenant sur les thèses des principaux auteurs des gender studies (J. Butler, Monique Wittig, Gayle Rubin, Eve Kosofski Sedgwick, Didier Eribon, Eric Fassin, Marie-Hélène Bourcier), cet ouvrage s'attache à restituer le sens de l'orientation lacanienne en matière de genre, par-delà le malentendu qu'engendre la lecture de Lacan proposée par ces auteurs. Car si la cure analytique tourne tout entière autour de questions comme "qu'est-ce qu'être une femme ?", ou "comment être un homme ?", elle n'invite pas pour autant le sujet en analyse à se conformer à des normes de genre. Par-delà toute identification à un mode de jouissance qui peut être partagé par d'autres, par-delà toute appartenance à une communauté permettant au sujet de s'identifier à d'autres, la psychanalyse conduit chacun, dans sa solitude, à se confronter à un noyau de jouissance qui est aussi ce que Lacan a appelé "un réel". Cet ouvrage, en répondant ainsi aux gender studies, tente de faire émerger les enjeux éthiques et politiques dont la psychanalyse lacanienne est porteuse.
    Avec les contributions d'Éric LAURENT, Pierre-Gilles GUÉGUEN, Fabrice BOURLEZ, Anne Emmanuelle BERGER, Clotilde LEGUIL, Fabian FAJNWAKS.

  • Etre parents n'est pas une donnée naturelle. C'est plutôt l'effet d'une rencontre. Mais devenir parent ne correspond pas toujours à l'idéal que chacun s'est forgé. Des psychanalystes rencontrent des pères et des mères déboussolés dans un dispositif unique, le Centre Psychanalytique de Consultations et de Traitements pour les parents, où il ne s'agit ni de les éduquer, ni de les juger, ni de les coacher, mais de leur permettre de dire la souffrance qu'ils peuvent rencontrer avec leur enfant et d'inventer un nouveau type de lien à celui-ci.

    Ce livre original Etre parents au 21e siècle souligne dans son titre même combien la question de la parentalité est un questionnement contemporain. Au 21e siècle, les remaniements contemporains de l'ordre symbolique ont dévoilé un trou dans le savoir sur comment faire famille. Aujourd'hui, la déclinaison de la famille se veut multiple : monoparentale, homoparentale, hétéro-parentale, avec ou non le récours à la PMA, aux mères porteuses, à l'adoption. Quelles incidences ces mutations de la famille ont-elles sur le fait même d'être pères et mères ? Sur les souffrances de l'enfant ?

    Etre parents au 21e siècle c'est aussi être confronté à la multiplicité des objets en tout genre auxquels s'accolent les enfants et où le numérique tient le haut de l'affiche. Alors, sont-ils addicts ou inventifs ? Des psychanalystes y répondent ici de manière innovante et des parents trouvent à s'interroger sur l'usage qu'en font leurs enfants.

    Des parents rencontrent des psychanalystes et deviennent inventifs ! C'est cette clinique de la surprise que vous découvrirez dans cet ouvrage car chacun a à résoudre la question énigmatique de son être.

  • Déboussolés, décrocheurs, addicts aux jeux en ligne, en no life, "victimes" de harcèlement ou de phobie scolaire, ainsi se nomment les adolescents et leur(s) malaise(s) d'aujourd'hui. La profusion d'objets technologiques sur le marché, de réseaux interactifs, les nouvelles applis, la banalisation du porno, font entendre une exigence de satisfaction immédiate et illimitée. Le surinvestissement du corps - piercings, tatouages, scarifications, muscu, etc. - tente de faire limite paradoxale à ce qui se présente comme une nouvelle économie pulsionnelle dans la "vraie vie". L'objet à portée de main et de clics impacte la parole et ses embrouilles...
    De toujours l'adolescent est sujet de désordre : désordre qu'il produit comme celui qu'il éprouve, dans sa pensée, son corps et ses liens. Comment accueillir le charivari de la nouvelle génération, porteuse d'espoir, tout comme de "ce qui choque" ? Ce désordre se manifeste sous forme de ruptures soudaines, de replis sur soi, de dérives mortifères, mais produit aussi bien des trouvailles, des formules inédites. Ainsi peut-il porter en lui sa part d'invention s'il est entendu comme signe de ce qui ne peut se dire, se traduire, se formuler aisément.
    Que nous apprennent les adolescents aujourd'hui ?
    À partir d'une expérience menée en centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), nous nous proposons, à la lumière de la psychanalyse de Freud et de Lacan, de donner ici un aperçu de cette clinique, de la rencontre avec ces nouveaux styles de vie et de discours. S'engager comme partenaire, en s'orientant de la boussole de l'inconscient, ouvre à nombre de jeunes, rétifs à la parole, de nouveaux circuits vers un plus-de-vie et de désir.
    Dans la dernière partie de l'ouvrage, Résonances et perspectives, Marie-Hélène Brousse, Philippe Lacadée, Laure Naveau et Daniel Roy, psychanalystes, membres de l'École de la Cause freudienne, ont accepté d'apporter un éclairage sur ces questions contemporaines.

  • Freud était resté en suspens sur l'énigme de la femme. Lacan fit un pas de plus. Il renouvela ainsi la question de la sexualité féminine dont l'horizon fut longtemps celui des aventures de la maternité ; il est allé jusqu'à dire - ce qui fit scandale à son époque - : "La femme n'existe pas." Il y a, en effet, concernant La femme, un impossible à dire. Et cet abord de la question féminine par Lacan a changé la psychanalyse elle-même.

    Peut-on dire alors que la position féminine soit affine à la position du psychanalyste ? Ceci n'induirait aucunement que la psychanalyse soit devenue " affaire de femmes ". Mais l'ordre phallique qui organise notre monde n'est pas l'alpha et l'omega de la réalité humaine, il y a une jouissance féminine au-delà du phallus. Dès lors, les enjeux de la pratique analytique ont à être repensés. Freud pensait le roc de la castration ou l'envie du pénis comme des butées de fin d'analyse. Avec l'émergence d'une logique de la sexuation féminine, Lacan a apprécié autrement cette fin. L'empire de la jouissance qui déborde le cadre oedipien du symptôme n'est plus seulement reste inerte, lacune. Cet excédent de jouissance énigmatique, fuyant, sans paroles, peut devenir pour chacun, homme ou femme, point d'appui, matière à une invention qui mène la cure à une autre fin. C'est là un des enjeux de la passe, cette marque d'une analyse terminée, que Lacan a élaborée. Un analysant peut y révéler comment il a su cerner le bord de son impasse et trouver une solution satisfaisante.

    Le travail qui suit a pour fil conducteur les avancées du dernier enseignement de Lacan sur la position féminine et l'au-delà de l'OEdipe, la fin de l'analyse et les tâches du psychanalyste mais aussi bien, le déclin du Père dans la civilisation et la crise de l'ordre symbolique à l'aube du XXIème siècle. Quelles conséquences ces changements ont-ils opéré sur la dissémination des modes de jouir contemporains et quels effets sur la famille notamment ? Au XXIe siècle, une psychanalyse vivante ne saurait opposer une bouche pincée à ces nouveaux enjeux. Ce sont aussi les siens.

  • L'heure est à l'apologie de la communication et de la parole. Les spécialistes de l'écoute prolifèrent, qui tentent de dissoudre par elle le moindre traumatisme et de lever tous les malentendus. On oublie que donner la parole à l'Autre suppose que l'on sache que s'y révèle un réel hors sens qui se refuse à être pensé. C'est ce que découvre Freud, et qu'il appelle le « premier mensonge » du symptôme - ce malentendu où gîte le sujet de l'inconscient. Quelle fonction joue ce malentendu dans l'histoire de la psychanalyse ? Quel rôle tient-il dans l'histoire et le destin du sujet ? L'auteur répond d'abord à partir de la clinique de l'enfant, sans négliger certains exemples littéraires. Il lève par ce biais les équivoques qui règnent sur des concepts clés de la psychanalyse, tels la pulsion, la demande, la névrose infantile, le surmoi, l'interprétation, etc. Il s'éclaire, pour ce faire, tout particulièrement de la lecture par Jacques Lacan du cas du petit Hans. Et nous conduit ainsi à des questions d'actualité où peuvent se découvrir des générations différentes : responsabilité de l'enfant et de l'adolescent, leurs inventions. Ce livre, loin de dissoudre le malentendu, le dissipe : cette part inhérente au sujet ne saurait s'éliminer, même au prix de réduire le dire à un dit et celui qui le dit à son énoncé. A saluer l'indiscipline de cet incurable, un analyste, comme chacun de nous, est en mesure de prendre la responsabilité de trouver comment advenir là où c'était le malentendu.

  • Ce livre propose une critique de la réduction du langage à la simple communication et du postulat de celle-ci qui, au nom d'un parler vrai, prétend dire ce qu'il en serait du réel. Vie éprise de parole cherche à faire valoir le pouvoir d'évocation ou d'invocation de la langue. Qu'est-ce que parler veut dire ? Y a-t-il un apprentissage de la langue ? Que nous apprennent Les Mots de Jean-Paul Sartre ou les Variations sauvages de la pianiste Hélène Grimaud ? Quelles sont pour les enfants et les adolescents les répercussions de l'envahissement des objets gadgets dans leur rapport au langage et à la présence de l'Autre ? Plutôt que d'être nostalgique, comment faut-il savoir y faire avec cette modernité ironique qui met en question le savoir de l'Autre ?

    Il s'agira de trouver comment dire à la fois oui et non aux usages immodérés de ces objets gadgets et de proposer un nouvel éclairage de l'usage fréquent des insultes dans le discours courant. Jacques Lacan faisait de l'insulte le début de la grande poésie, ouvrant une voie que ce livre cherche à explorer. Des divers fragments de vie présentés ici comme des témoignages de cures analytiques, ou des récits de vie extraits de publications, nous pouvons déduire qu'au XXIe siècle, malgré un certain désordre du symbolique, la langue reste vivante pour autant qu'à chaque instant le sujet la crée.

  • Cet ouvrage rassemble, sous une même couverture et un même titre la trace écrite de deux séminaires: « Leçons de Chose » et « Ethique et pulsion ». Le premier a pour objet le concept de pulsion, mis au premier plan de son appareil théorique par Freud, remanié par lui au fil de ses travaux et des exigences de la pratique, puis repris par Lacan. Le second interroge l'usage actuel du concept de pulsion à partir des transformations de celle-ci dans l'expérience de la cure. Depuis que le terme avait été employé par Freud dans ses premières élaborations sur la vie psychique, la question apparaissait, toujours aussi vive, de savoir comment pulsion et langage pouvait s'articuler, comment la satisfaction de la première pouvait être nouée aux nécessités du lien social et au souci de l'autre. Il s'avérait donc bien venu d'interroger le rapport de la pulsion à ce que peut être une éthique qui tienne compte d'elle. Une telle éthique résultant de l'expérience analytique est actuelle et nécessaire : ce que Freud appelait « le malaise dans la civilisation » a pris une forme paroxystique qui rend urgent de repenser à nouveaux frais ce que peut être un style de vie pour les temps à venir. Philippe De Georges soutiendra ici que la psychanalyse est plus que jamais d'actualité.

  • "Je suis faite de telle sorte que rien n'est réel que je ne l'écrive" écrit Virginia Woolf (1882 - 1941) en 1937. Les textes de cet ouvrage, qui réunit psychanalystes et chercheurs en littérature anglaise, éclairent la singularité de l'écriture de Virginia Woolf, écriture si étroitement nouée à son histoire et qu'elle remet sur le métier d'un texte à l'autre. Virginia Woolf fut violée par ses demi-frères, elle souffrit de la mort prématurée de sa mère, de son père, de sa demi-soeur et de son frère, et elle mit fin à ses jours pendant la guerre. Les auteurs de ce livre ont cependant pris la position de ne pas tenir Virginia Woolf pour une déprimée, une "victime exemplaire" des théories du traumatisme, mais bien plutôt de cerner sa bataille avec les mots contre une douleur d'existence. La lecture de son oeuvre révèle la tâche infernale à laquelle elle s'est livrée et les moyens qu'elle a trouvés pour se protéger de ce qu'elle nomme son "horreur". Les textes rassemblés ici suivent l'écrivain à la trace, dans ses écrits fictionnels, auto-biographiques, et, particulièrement, dans ses écrits les plus tardifs car c'est là que s'exposent de façon fulgurante son ironie et l'éclatement de son monde intérieur. N'oublions pas, enfin, que Virginia Woolf - éditrice de Freud avec son mari - fut elle-même traversée par la psychanalyse ; elle en témoigne fréquemment dans son Journal. Seul le recours incessant à l'écriture donne pour elle consistance à la réalité, "sans le secours d'aucun discours établi", comme l'avance Jacques Lacan du "dit schizophrène" dans son texte "l'Etourdit". L'écriture de Virginia Woolf témoigne du mystère incessant qu'elle fut pour elle-même sans que l'on puisse ici, toutefois, conclure qu'écrire aura réussi à apaiser sa certitude de "redevenir folle", hantise confiée à son mari dans la dernière lettre qu'elle lui laissa avant de se suicider.

  • Cet ouvrage est né de ce constat : la psychanalyse est très attaquée sur le terrain de l'homosexualité, elle est souvent tenue pour normative, nostalgique d'un Nom-du-Père et d'un ordre symbolique de fer.

    De nombreux théoriciens du genre, et des auteurs queer, souvent relayés par les medias, critiquent encore beaucoup Freud et Lacan en raison de leurs théories prétendues conservatrices.

    Il se trouve pourtant que la psychanalyse, pratique qui remet sans cesse la doctrine en chantier, modifie le discours tenu sur l'homosexualité. Freud la sortit définitivement du champ des déviances, voire des dégénérescences, quant à Lacan, c'est en s'attachant à définir l'hétérosexualité qu'il a ouvert la voie des homosexualités.

    Si cet ouvrage collectif évoque "les" homosexualités féminines, c'est que l'orientation lacanienne appelle à penser l'homosexualité au pluriel. Les avancées sur la sexuation rendent nécessaire cette distinction saisissante : tout sujet, qu'il soit homme ou femme anatomiquement, peut se ranger côté homme ou côté femme, dans un mode de jouissance ou dans un autre, dans un discours ou dans un autre.

    De ce fait, l'expérience de la psychanalyse est audacieuse.

    Ce livre fait le pari de démontrer que cette démarche, hors-standard et hors-normes, peut conduire à une légèreté inédite, une fierté, oui, discrète, car un peu à soi.

    Ouvrage collectif de : Marie-Hélène Brousse, Fabian Fajnwaks, Nathalie Georges-Lambrichs, Stella Harrison, Catherine Lazarus-Matet, Pascale Pillet et Laura Sokolowsky.

  • Cet ouvrage réunit plus d'une vingtaine de travaux récents de Serge Cottet qui ont pour fil conducteur l'orientation actuelle de la clinique psychanalytique éclairée par l'oeuvre de Jacques Lacan. Chaque article soulève une question actuelle : la dépression, la sexualité des adolescents, la criminalité, la psychose ordinaire. La clinique psychanalytique est en prise sur le malaise de notre temps.

  • Pourquoi a-t-il fallu que Lacan en passât par la logique pour parler des rapports entre les hommes et les femmes et, plus précisément, de la rencontre ? Il y a là une exigence - l'exigence de la logique - qui surprend mais à laquelle on ne peut pas faire autrement que de se plier si l'on est décidé à ne pas perdre le fil. Que suppose-t-elle, cette exigence ? Certainement que l'on fasse confiance au frayage et à l'avancée de Lacan. Et qu'implique-t-elle, cette même exigence ? Que, dès lors que l'on s'aventure à vouloir parler des rapports entre les hommes et les femmes, de leurs désirs et de leurs jouissances, l'on ne peut pas dire n'importe quoi.

    Une rencontre est quelque chose qui vous arrive par hasard.

    Il y a là, en effet, quelque chose d'imprévisible. On ne s'y attendait pas. C'est la surprise ! Une rencontre introduit ainsi une coupure entre un avant et un après et provoque, à l'occasion, une rupture - avec le passé, un partenaire peut-être, mais surtout avec un savoir. Ainsi le rapport au savoir change-t-il. Car la question se pose : Veut-on, ou non, en savoir quelque chose de la rencontre ?

    La rencontre est mise par Lacan sous le signe de la contingence, c'est-à-dire de ce qui, dit-il, cesse - de ne pas s'écrire. Quelque chose de la rencontre s'écrit alors. Elle relève donc de la marque.

    Le mouvement qui anime ce recueil d'essais va, chemin faisant, du non vers le oui à la rencontre, en passant par la mise en relief de la différence entre la position de l'homme et celle de la femme relativement à la contingence du désir.

  • Ce livre retrace l'expérience d'un centre spécialisé, l'Antenne 110, qui accueille des enfants autistes depuis trente-cinq ans.
    Les textes rassemblés ici témoignent d'une clinique institutionnelle inventive dont le socle a été nommé "pratique à plusieurs", pratique qui trouve ses racines dans le langage. II a pour but de montrer et d'attester que les enfants souffrant d'autisme ont un potentiel spécifique pour y suppléer à condition d'être entendus dans ce qu'ils ont à nous dire. La pratique de ce centre donne un éclairage atypique sur les ressources de ces enfants pris dans leurs stéréotypies et exclus du discours commun ainsi que sur des réponses inédites que les intervenants leur adressent.
    Sa lecture permet aux professionnels - éducateur, paramédical, psychologue et psychiatre - de trouver une position juste dans leur écoute et dans leurs interventions auprès des enfants. En outre, ce livre traduit et met en forme le savoir intuitif que les parents manifestent dans leur rencontre avec ces professionnels. Au-delà de la clinique originale développée au fil des pages, le lecteur découvrira une prise de position décidée, un désir de savoir et de " savoir y faire " avec ces enfants, un désir fondé sur une éthique analytique sans concession.

  • François Augiéras, né le 15 juillet 1925 à Rochester, aux Etats-Unis, voulait accéder au réel du monde d'avant nous, les êtres humains dits civilisés venus le dénaturer. Le réel prit, pour lui, la figure de l'Autre en tant qu'Univers-divin auquel, au-delà de son amour, il dédia la jouissance de son être. Il voulut s'extraire de la lumière grise de Paris qu'il détesta dès son enfance, pour atteindre la lumière d'une lucidité transcendantale. Il se tint à l'écart des humains d'abord dans le désert d'El Goléa, inspiration de son livre remarqué Le Vieillard et l'Enfant, et, en fin de vie, dans sa grotte de Domme où il écrivit Domme ou l'Essai d'Occupation. Il meurt seul à l'hospice à 47 ans.

    /> Il fut écrivain et peintre. "Ma plus belle oeuvre d'art, serait-ce ma vie ?" Aventurier de l'esprit, il fut une des figures les plus fascinantes et scandaleuses de la littérature de son époque suscitant l'enthousiasme d'André Gide, Marguerite Yourcenar, Yves Bonnefoy... Le nouage de son écriture et de son existence fait entendre une expérience du réel inédite. Sa quête du Dieu-Univers l'amena, dans une énergie sans mesure, à être à l'écoute des pulsions du vivant de la nature. Il annonça la venue de l'Homme Nouveau du Plan divin, en osmose avec l'Univers. Il disait être un malheureux "qui, [...] s'est "amusé" à inventer à lui tout seul une civilisation inconnue [...] bien sûr cela retiendra l'attention d'un psychiatre, mais non pas celle des autorités : je n'en demande pas davantage." Voilà donc retenue mon attention de psychanalyste, et voici ce livre dans lequel j'ai essayé d'être le passeur de l'oeuvre-vie de François Augiéras qui, depuis son fameux Lit de fer, s'était hissé sur son escabeau pour se faire cet artiste-délinquant, comme il se nomma lui-même, dans la mise à nu par l'écriture du réel auquel il eut affaire.

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